Petit traite de l asperge
lebrun pierre-brice, pierre-brice lebrun, martin fache
L'un est alsacien, l'autre , landais, ils ont pû ainsi s'accorder sans peine sur l'indispensable necessité de célébrer l'asperge, mais il leur aurait été pareillement facile de s'entendre si l'un avait été ch'ti et l'autre guardian, ou valaisan et chinois, car l'asperge se garde des frontières, elle n'est pas plus du nord que du sud, des sables que du Rhin, d'Egypte que de Malines, elle aime autant la bière, la fraise que les grenouilles, la poêle que le four...
L'un est chef : sur son piano, il a composé ou testé une centaine de recettes originales, étonnantes, qui subliment l'asperge de l'apéritif au dessert, qui l'apprêtent en houmous et en kougelhopf, qui la brouillent aux petits pois et la rotissent à la fleur de CBD, la grillent aux pêches, l'escalopent aux bonnnotes et la volent au vent.
L'autre n'est que gourmand, et indiscret : après s'être immiscé dans la vie privée des boulettes, du camembert, des pâtes et des pois chiches, il a démonté pas mal de légendes et rétabli quelques vérités culinaires.
Après leur hommage à la choucroute, ils s'accordent de nouveau ici pour une belle célébration de l'asperge, verte, blanche ou violette : plus personne n'hésitera désormais à la déguster en chakchouka, en socca ou en focaccia, en risotto ou en clafoutis, en bavarois, en patina ou en carpaccio - tartinée, croustillante, gratinée ou flambée, l'asperge n'en finira pas de vous étonner !